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Les statistiques officielles parlent d’elles-mêmes : tant la région Languedoc-Roussillon par rapport à la France que la Catalogne Sud par rapport à l’Espagne se situent au-dessus de leurs moyennes nationales respectives en matière de familles éclatées. Ainsi, plus de 25% des enfants du Languedoc-Roussillon vivent avec un seul de leurs parents, dans le cadre de la monoparentalité ou de familles recomposées. A cela s’ajoutent des phénomènes sociétaux du type « chouette, je suis en retraite, je file au soleil ! » ou, inversement, « chouette, j’ai mon diplôme, je pars travailler là où il y a de l’offre » et le doute n’est plus possible : la famille du XXIème siècle, éclatée, n’est plus celle que l’on a connue par le passé. Sommes-nous prêts à nous affranchir du cadre qu’elle nous offre en théorie ?
Le lien sanguin : une règle universelle
De tous temps, la famille a été la structure de base de la société. C’est elle qui déterminait le « feu fiscal » et la somme d’impôts à payer en regroupant sous un même toit quantité d’individus liés par le sang ou le mariage. Sur le modèle du paterfamilias romain, le chef de famille était un homme à qui le fils aîné était voué à succéder après la mort. La conscience de famille était donc forte comme en témoignent les nombreux mètres linéaires de testaments renfermés dans nos archives, qui émanent non pas seulement des plus riches, mais de toutes les classes de la société. Car il y a peu, les biens acquis durant toute une vie devaient rester entre les parois de la tribu, la famille rassurait comme elle rassure de moins en moins : elle était une façon de savoir d’où l’on venait, d’appartenir à un groupe avec ses règles établies et bien définies. D’ailleurs, au registre de la norme, un seul interdit est commun à toutes les sociétés de l’Histoire : celui de l’inceste, lié de très près à cette notion de famille. Autrement dit, la seule limite que les sociétés ont toujours mis un point d’honneur à respecter est celle du lien sanguin, ce qui place la famille au rang de référence universelle et incontestée.
Travail, famille, patrie… et communisme !
La grande mutation de la famille date d‘hier, des années 70, après le tournant de 1968. Exit les unions officialisées par monsieur le maire et, encore plus, par monsieur le curé, exit les couples stables et les rôles sexuels bien définis. On a beaucoup parlé de « crise de la famille », mais n’assiste-t-on pas, tout simplement à une énième forme d’expression de l’individualisme ? Soixante-huit se voulait « peace and love », il a surtout apporté un vent de liberté. Une liberté nécessaire, certes, mais intransigeante : en voulant faire la chasse aux contraintes, en voulant se libérer de carcans trop lourds (carcan familial en tête), on finit par ne plus trop voir les autres. Et puis bon, si le vieux se retrouve seul ou malade, on l’enverra en maison de retraite puisque c’est une structure spécialisée et que l’on a sa propre vie à gérer… Mais au delà de l’individualisme, la mutation des années 70 semble aussi avoir répandu une image ringarde de la famille, contraignante voire subie, et prévisible, c'est-à-dire aux antipodes d’un choix de destinée. En France, où la famille est condamnée lorsqu’elle s’érige en valeur, sa désaffection puise sa source chez Pétain, dont le triptyque « Travail, famille, patrie » des années 40 a provoqué, après-guerre, de tels anticorps rétrospectifs, que les notions qu’il brandissait ont pu, indépendamment l’une des autres, revêtir tout l’apanage du mal. Pourtant, les sociologues qui illustrent la notion de « communisme » prennent souvent appui sur… la famille, cet unique lieu où les membres mettent théoriquement en commun ce qu’ils possèdent pour en profiter tous ensemble. On comprend mieux pourquoi, lorsque la cellule familiale s’effrite en « évoluant », l’individu perd, au-delà de ses repères, le pouvoir rassurant, protecteur et non politisé qu’elle lui apportait.
La famille, c'est compliqué....jo que sun casat 3 vegades, sempre sun fet figa perqué tinc menester d'espaï....je me suis rendu compte que les exigences de la vie familiale font que le type s'écrase au lieu d'ouvrir sa grande gueule et descendre dans la rue pour faire péter ce qui va pas...et puis, l'amour sincère et pétulant du début tourne vite à l'amour domestique sous le fardeau desdites exigences...
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