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A 95 km de Perpignan, Sérignan dans l’Hérault, à 9 kilomètres de Béziers, 6000 habitants, un théâtre de 1000 places, une Œuvre de Buren (Des colonnes de métal de lumière) trônant face au dit théâtre, une église classée, quelques bons restaurants, un musée de l’attelage et son musée d’art contemporain... Inauguré le 23 septembre 2006, le musée de Sérignan est consacré à l’art contemporain. Avec ses 2500m2, il est le premier du département de l’Hérault et présente une collection permanente : paysagisme abstrait, art conceptuel, support / surfaces, figuration narrative, scène artistique actuelle… Le tout constitué par des dons d’artistes et des expositions temporaires. L’accès aux œuvres se fait au travers de différents espaces : cabinets d’arts graphiques, espace d’exposition, salles vidéo, vitrines expérimentales, salon bibliothèque, sans oublier la librairie boutique.
Le 12 avril dernier, on y inaugurait une double exposition venue du froid, celle du Norvégien Per Barclay, intitulée « Sans parole », ainsi que celle de l’Islandaise Ragna St. Ingadottir, « Distorsion intime ».
Le Norvégien est toujours dans des préoccupations artistiques liées à l’espace et au corps. Ici, il réalise une installation intéractive inédite. Dans la plus grande salle, il tend une série de câbles plus ou moins gros. Chaque câble est relié à un amplificateur sonore. Le public, suivant ces fils d’Ariane, fait raisonner leur intériorité en caressant l’acier. L’œuvre pose la question de l’expérience. Ces installations, il les fait dialoguer avec des photos de visages, de corps, ouvrant encore une autre dimension à notre perception et à notre rapport à la représentation. Pour Per Barclay, travailler ainsi c’est : « exprimer des sentiments très agressifs, en souhaitant aussi chercher un aspect positif que je trouve dans la forme ! »
Pour être islandaise, Ragna Ingadottir a vécu en Italie et désormais à Paris. Son travail utilise le mobilier façon « arte povera » et la photographie, nourrie de paysages (des nuages pris d’un avion au-dessus de l’Islande, donnant des figures fantastiques) ou reproduisant un classique de la peinture symboliste, une noyée en robe qui flotte à mi-surface (la modèle, blonde, est bien vivante). Sans oublier une salle plongée dans l’obscurité avec un lit démantelé, et, sur le mur, une vidéo du nombril de l’artiste s’agitant et mimant une espèce de coït, aboutissant à un orgasme.
Voilà ce vous pourrez découvrir si vous vous y rendez, sans compter les paysages alentour, avec la rivière d’un beau vert bouteille Orb qui coule, pas si loin d’ailleurs du canal du midi.
Musée de Sérignan - Exposition de Per Barclay « sans parole » et Ragna Ingadottir « Distorsion intime », jusqu’au 22 juin 2008.
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