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Ben (Vautier), faut-il encore le présenter ? Vu que celui-ci s’est déployé depuis des années (lui et ses messages) sur tous types de supports, comme les bouteilles de vin "Jaja de Jau", les T-shirt voire même des chaussettes, ce n'est plus la peine ! En revanche, le mouvement Fluxus mérite de vous être présenté, afin qu’on puisse dire de vous dans les dîners en ville : « Ah, mon dieu, quelle culture ! ». Donc "Fluxus" est un mouvement d’art contemporain qui touche principalement les arts visuel, mais aussi la musique la littérature, et dont Nice à été une place importante. Ce mouvement est né aux USA dans les années 1960 autour d’artistes puisant leurs sources dans le Dadaïsme, la musique de John Cage et la philosophie Zen. Fluxus a appliqué avec une logique destructrice une politique visant à remplacer l’œuvre d’art par l’action, l’exposition par une véritable participation du public, enseignant que la création est accessible pour tous, que chacun est artiste. Comme d’habitude avec Ben, c’est le grand déballage, on est dans le trop plein et l’exagération jusqu’à l’étourdissement de l’œil. Et, en présentant le groupe de jeunes artistes Niçois de « La Station », il fait œuvre utile de transmission et ne se fige pas comme la plupart des soixante-huitards dans la figure à la jeunesse éternelle du commandeur. Ben a cela de bon aussi, que non content de ne pas dire, « Paris, Paris » en sautant sur sa chaise comme un cabri pour faire capitale, il revendique sa « nicitude », son devoir de rendre à l’Occitanie ce qui est à l’Occitanie. Pour lui, l’ultra-local est l’instrument de la modernité. On ne peut créer que lorsqu’on se structure sur son identité propre, pas en empruntant le masque de la réussite des autres. C’est pourquoi, il est heureux de revenir à Perpignan, parce qu’il trouve que l’identité catalane a du chien et qu’il y a raison à la revendiquer. Ne s’était-il pas fendu, au moment de la polémique autour du changement de nom de la région Languedoc-Roussillon en « Septimanie », décidée par son président George Frêche en 2005, d’un graffiti en catalan, repris ensuite comme slogan et en affiche : « Septimània no existeix ! » ! A voir donc en la galerie « A Cent Mètres du Centre du Monde », 3 avenue de Grande-Bretagne, tout près de la gare de Perpignan, en méditant cette phrase de Mao, qui fait office de sous-titre de l’expo : « Que le nouveau émerge de l’ancien ».
“Niça l’occitana a Perpinyà la catalane” (Fluxus, La Station et les autres de 1968 à 2008) - jusqu'au 3 juin 2008.
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